Je souhaite ici vous partager certains éléments du livre de Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute : « Vaincre Peur et culpabilité grâce à l’autohypnose et aux neurosciences ».
Comme le dit Denis Marquet : « la culpabilité est un poison » .
Des clés pour s’en débarrasser ne sont donc pas inutiles.
Bernard Sensfelder nous les livre pour comprendre les mécanismes en jeu et comment dépasser nos peurs et nos culpabilités. Une invitation à être vraiment « soi ».
Ce livre est rythmé par une conversation. Il met l’accent sur une différence essentielle à faire pour nous réconcilier avec les problèmes de la vie : il s’agit de faire la distinction entre la personne et ses comportements. Je vous dresse ici les lignes principales et en toute fin mon avis personnel.
De la peur à la liberté : la mécanique en place
Au préalable, il nous fait comprendre en effet que l’image que nous percevons est une interprétation d’une partie de la lumière renvoyée et non un accès direct à l’objet. Ainsi c’est une perception unique qui diffère d’une personne à une autre.
Sa vision du mal être : tout se passe dans le cerveau
C’est une conséquence d’une perturbation dans la circulation de l’influx nerveux.
Au préalable, il est important de comprendre que nous ne sommes pas notre cerveau. Le cerveau réagit à l’arrivée d’information et je subis les réactions déclenchées par lui.
Lorsque le cerveau reptilien et le limbique déclenchent automatiquement des comportements, ceux-ci ne passent pas par la pensée.
Damasio avait déjà démontré que la pensée était un effet secondaire des émotions.
Comme le montre les travaux de Benjamin Libet et Patrick Haggard, nous nous comportons rarement de manière volontaire. Pensée et décision consciente arrivent bien après les « réactions sensorielles ».
Spinoza avait déjà compris de son temps que nous n’étions pas libres mais que nous pouvons le devenir ( les conditionnements) : Notre éducation , notre culture, notre environnement agissent à travers nous alors que nous croyons que c’est nous qui agissons.
Ainsi, sortir du mal-être c’est supprimer ce qui crée la dérivation de l’influx nerveux (les pensées qui tournent en rond) en déprogrammant une peur ou une culpabilité. Nous l’avions un peu évoqué dans l’article concernant l’addiction aux émotions.
Les travaux d’Edmund Jacobson ont montré que pour qu’une information arrive à la conscience, il fallait qu’elle ait d’abord déclenché une activité dans les aires motrices, comme une contraction musculaire dans le reste du corps. Cette activation des aires motrices est la clé des interprétations conscientes, les neurones miroirs sont la clé des interprétations inscientes. Nous ne sommes donc que dans de l’interprétation.
Parfois, par dérivation liée à une peur ou une culpabilité ou même une grande fatigue, le cerveau déclenche un comportement qu’il a associé à de la peur et de la culpabilité.
Plus nous élargissons le champs des comportements possibles, plus la nuit, les programmes en réécriture auront de données et seront riches. Plus il y a de comportements possibles, moins il y a de culpabilités, moins il y a de peurs et moins il y a de dérivation de l’influx nerveux et de mal- être.
Ainsi, en enlevant peurs et culpabilité nous augmentons notre palette de comportements possibles et peu à peu, nous augmentons notre liberté et notre libre arbitre.
L’enfance : expression de l’amour et naissance de la peur
L’enfant ne fait pas la différence entre ses émotions et les émotions environnantes
Lorsque l’élan de spontanéité est bloqué dans l’enfance, on construit un personnage pour pouvoir s’adapter et recevoir de l’amour en face.
L’amour peut ainsi faire peur du fait de ce qu’on aura vu pendant notre éducation et on sera plus à l’aise avec les gens avec qui on a une simple relation plutôt qu’avec celles avec qui on a un lien fort.
La peur peut facilement remplacer l’amour
Parfois ce qu’on appelle manque de confiance en soi est souvent l’expression de la peur de soi, la peur de sa propre spontanéité. Cette peur s’appuyant sur la peur de faire du mal.
Beaucoup de personnes se croient mauvaise alors que c’était juste la réception de leur amour qui n’était pas bonne.
Ainsi, le fait que l’amour se manifeste peut déclencher en même temps de la peur. Ce sera la même chose pour l’amour de soi, c’est le même lien.
Peur ou adaptation ?
Sauf blocage, la personne s’adapte en permanence au contexte, à l’environnement dans lequel elle se trouve. Le moteur de de cette adaptation permanente est l’amour. Les blocages sont la peur et la culpabilité. Entre les deux, il y a divers filtres.
L’adaptation est la capacité de transformation automatique de la personne, la capacité qu’elle possède de se laisser transformer au gré des modifications de son environnement. S’adapter c’est donc se laisser transformer par, c’est « se laisser agir par » sans se perdre.
La peur bloque le système d’adaptation et la culpabilité est un échec d’apprentissage.
Le cerveaux n’aime pas actualiser ses signaux, il préfère ne pas se questionner sur la nécessité d’enlever un signal de peur obsolète. Dans notre culture basée sur la cupabilité, des qu’il y a peur, il y a cupabilité en plus.
La peur et la culpabilité bloquent parfois l’intelligence. Il est donc important de faire comprendre aux enfants la différence entre eux et leurs comportements.
Une solution : l’observation
Lorsque je me rends compte que je fais fonctionner un rôle quelque chose change. Je vois que l’autre parle à mon rôle et non à moi, cela apaise.
Nous devrions tout le temps élargir nos registres comportementaux, ce qui renforcerait une prise de conscience de plus en plus importante de la séparation personne/comportement.
Il faut aussi offrir au corps la possibilité de s’adapter.
Les solutions concrètes pour sortir du mal être
Bernard Sensfelder nous livre des solutions simples et concrètes à appliquer. Pour certaines , un accompagnement peut être utile.
Changer la façon de regarder le monde
- Je ne suis pas mon cerveau : je subis mon mal être, je ne le crée pas
- Je n’ai pas accès au monde tel qu’il est : j’ai accès à la façon dont mon cerveau l’interprète
- Chacun interprète le monde à sa façon
- Arrêter les signaux déclenchant le mal etre, enlever les peurs et culpabilité
- Grace aux neurones miroirs, je comprends que le comportement de l’autre réveille mes peurs et mes culpabilités
- J’observe quand j’agis d’une manière par peur d’agir de manière opposée (ex : je suis gentil par peur d’être méchant)
- J’accepte les changements de mon environnement tels qu ils sont
- J’accepte les héritages dans lesquels je suis pris : les « il faut ». J’observe mes pensées.
- Je sépare qui je suis et ce que je fais
- Je fais du mieux que je peux pour aimer les autres
Techniques
- Lorsque je ressens de la culpabilité, je cherche quelle attitude serait responsable
- Je vérifie si je suis coupable avec ces questions : « est ce que je le fais exprès ? ai-je voulu cela ? Est-ce volontaire ? Si c’est négatif, il n’y a aucune culpabilité
- Je remplace les « j’aurais du » par « c’est comme ça ». Puis, j’agis de manière responsable.
- Lorsque je reconnais que mes actions/pensées relèvent d’un héritage, je me dis « qu’est ce que ca peut bien faire ? »
- Pour faire partir la peur, j’offre au corps l’occasion de s’adapter
Si vous voulez aller plus loin, n’hésitez pas à le lire.
Mon avis
Sur la forme, les dialogues permettent de comprendre facilement le fond du sujet qui parfois pourrait être pompeux.
On peut facilement s’approprier des astuces d’évolution et je félicite l’auteur pour cela.
Je ne suis toutefois pas en accord avec tout ce qui est énoncé. Peut être que mon évolution personnelle verra un changement à ce niveau.
A l’heure actuelle, je me demande s’il a des enfants ou alors il manque des nuances dans les exemples utilisés, pour moi qui ai tendance à les prendre au sens strict. Les enfants agissent en effet parfois à mon sens, pour attirer l’attention et non par une simple culpabilité induite, même si cela peut être le cas.
Il fait aussi une distinction binaire : soit nous sommes coupables, soit nous nous sentons coupables. Sous entendu, celui qui se sent coupable n’est pas coupable et le coupable ne se sent pas coupable. Je pense qu’il y a beaucoup plus de gradations possible. On peut très bien être coupable dans les faits et être blessé par les répercussions de sa propre action. Il est bien entendu aussi possible de culpabiliser sans raisons.
Certains mériteraient donc d’être un peu plus approfondis au risque que certains amalgames se fassent de manière malencontreuse.
Namaste.
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