Comment se libérer des croyances qui nous gouvernent

Ce 8 mai, j’ai fait quelque chose que je croyais impossible : parler en public. Et le sujet de cette conférence ? Les croyances limitantes. Il y a une ironie savoureuse là-dedans — et c’est exactement le point de départ de ce que je veux partager avec vous.


Une croyance, ça se dépasse

Pendant des années, j’étais convaincue que je ne savais pas parler devant un groupe. Cette certitude était tellement ancrée en moi que je ne la questionnais même plus. Et puis cette journée là, j’ai pris le micro. Et à la fin, ce n’était plus vrai.

C’est ça, une croyance : pas une vérité, une histoire qu’on se raconte — si souvent, si profondément, qu’on finit par la confondre avec la réalité.

Nous en sommes tous remplis. Certaines sont utiles : si je dors mieux, j’irai mieux. Mais d’autres nous détruisent à petit feu, sans qu’on s’en rende compte. Des études médicales l’ont démontré de façon troublante : des patients sont morts non pas de leur maladie, mais de la conviction qu’ils allaient mourir. C’est ce qu’on appelle l’effet nocebo — l’inverse de l’effet placebo. La croyance seule avait suffi à arrêter le corps.

Si une pensée peut tuer, imaginez ce qu’elle peut construire.


D’où viennent ces croyances ?

Tout commence dans l’enfance. L’enfant absorbe comme une éponge : ce qui se passe à la maison est normal, ce que disent les parents est vrai, ce qu’on attend de lui est juste. Il n’a pas encore les outils pour questionner. Alors il intègre ce qui deviendra des croyances.

Il intègre que pour être aimé, il faut être sage. Ou fort. Ou drôle. Ou discret. Il crée un personnage, et ce personnage devient si convaincant qu’il oublie qu’il joue un rôle.

Moi, j’ai joué la fille sage qui ne demande rien, qui anticipe tout, qui surtout ne prend pas de place. Ce rôle m’a été attribué très tôt — et je l’ai joué à la perfection, jusque dans mes choix de vie, mes relations, mon travail. J’ai suivi des lignes qui n’étaient pas les miennes, sans même m’en apercevoir.

Le problème avec les étiquettes qu’on nous colle, c’est qu’elles ne montrent qu’une face. On nous dit gentille, mais on oublie de dire courageuse. On nous dit timide, mais on oublie attentive. Et l’autre face — celle qui nous permettrait de nous libérer — reste dans l’ombre, ignorée.

Voici pourtant une bonne nouvelle : si vous êtes très négatif sur un point, vous êtes positif avec autant de puissance de l’autre côté. Beaucoup de peurs ? Beaucoup de courage en réserve. C’est une loi, du moins celle que j’applique, explique, transmets dans mes accompagnement ( voir l’onglet accompagnement/transformation).


Le cerveau ne voit que ce qu’il cherche

Nos croyances ne sont pas passives. Elles filtrent activement notre réalité.

Faites le test : fermez les yeux, décidez de chercher tout ce qui est rouge autour de vous pendant dix secondes. Ouvrez les yeux, regardez, refermez. Maintenant : citez tout ce qui était bleu. Difficile, non ? Pourtant le bleu était là, sous vos yeux.

C’est exactement ce que font vos croyances. Si vous êtes convaincu que les gens sont hostiles, votre cerveau ignorera chaque sourire, chaque main tendue, chaque opportunité — et ne retiendra que les confirmations de ce qu’il croit déjà. Les croyances sont auto-validantes : elles créent les preuves de leur propre vérité.

C’est pour ça qu’il est si difficile d’en sortir seul.


L’ombre que l’on refuse de voir

Il y a quelque chose d’inconfortable à admettre : ce qui nous agace le plus chez les autres nous parle souvent de nous-mêmes. Quand quelqu’un nous fait « violemment réagir », c’est rarement un hasard. Cette réaction pointe vers une part de nous que nous n’avons pas encore acceptée.

La colère que l’on refoule, l’audace que l’on s’interdit, la légèreté que l’on juge — tout ce qu’on rejette chez l’autre vit aussi en nous, quelque part. Et tant qu’on ne lui fait pas de place, elle gouverne en coulisses.

On ne peut transformer que ce que l’on accepte de regarder.


Vous n’êtes pas la victime de votre histoire

Dans le scénario qu’on se raconte, on tient souvent l’un de ces trois rôles : victime, sauveur, bourreau. Et on passe de l’un à l’autre sans s’en rendre compte. La victime fait culpabiliser, et devient bourreau. Le sauveur s’épuise, et devient victime.

Sortir de ce triangle, c’est prendre sa responsabilité. Non pas se blâmer — mais cesser de subir. Il n’y a plus de coupables, il n’y a que des faits, et ce qu’on choisit d’en faire.

Lorsqu’on découvre son propre mensonge intérieur, on ne devient pas moins — on devient le héros conscient de sa propre histoire. Et un héros conscient peut réécrire la suite.


Reprendre les rênes de nos croyances en pratique

Changer une croyance ne demande pas des années de thérapie. Ça commence par un geste simple : la nommer.

Écrivez sur un papier la phrase qui tourne en boucle — « Je ne suis pas capable »« Je ne mérite pas »« Ça finit toujours mal pour moi ». Puis posez-vous ces quatre questions :

  1. Est-ce absolument sûr que c’est vrai ?
  2. Comment je me sens quand je dis cette phrase ?
  3. Qui serais-je sans cette pensée ?
  4. Quelle phrase opposée pourrait être tout aussi vraie ?

Ce n’est pas de la pensée positive naïve. C’est un recadrage — un entraînement à voir ce que le filtre habituel vous cachait.

Et attention : la reformulation doit venir de vous. « Je maîtrise mon temps » fonctionnera si c’est votre phrase. Pas si c’est la mienne. Le travail est personnel, toujours.


La joie n’est pas une récompense, c’est le chemin

On associe souvent le travail sur soi à l’effort, à la souffrance, à la discipline. Mais la boussole la plus fiable que je connaisse, c’est la joie.

Pas le bonheur de façade. La joie brute — celle qui monte quand on est enfin aligné avec ce qu’on est vraiment. Elle est là même dans les moments difficiles, si on ne s’en coupe pas.

Le rire est sacré. L’humour a sa place partout, même dans le grave. Et cette légèreté n’est pas une fuite — c’est une force.


Pour finir

Ce 8 mai, en prenant ce micro, j’ai prouvé à ma propre croyance qu’elle avait tort. Pas en la combattant. En agissant malgré elle.

C’est tout ce qu’il faut faire, au fond : avancer d’un pas dans la direction de ce qu’on croit impossible. Le reste suit.

Quelle croyance sur vous-même allez-vous décider de remettre en question aujourd’hui ?

6 réponses à “Comment se libérer des croyances qui nous gouvernent”

  1. Avatar de Ely Solweig

    La phrase « les croyances créent les preuves de leur propre vérité » est incroyablement juste. Elle résume parfaitement ce que beaucoup vivent sans parvenir à le nommer.

    On oublie souvent à quel point notre regard sélectionne les informations qui confirment déjà ce que l’on croit sur soi-même ou sur les autres. Cet exemple des couleurs est simple, mais extrêmement parlant.

    J’ai aussi beaucoup aimé l’idée qu’une peur forte cache souvent une force tout aussi grande de l’autre côté. C’est une manière très intéressante de regarder nos fragilités autrement, non comme des défauts figés, mais comme des potentiels encore inexploités.

    Un article profond, accessible et qui donne vraiment matière à réfléchir sur notre propre fonctionnement intérieur.

    1. Avatar de Aurelie

      Merci pour ton magnifique retour 🙂

  2. Avatar de Alex
    Alex

    Merci pour votre sincérité et authenticité. J’ai pu remarquer au fil du temps qu’une croyance n’est pas forcément une vérité, mais parfois une histoire qu’on s’est répétée si souvent qu’on finit par s’en persuader soi-même.

    Pour répondre à ta question, la croyance que je choisirais de remettre en question dès aujourd’hui, ce serait celle de penser qu’il faut toujours être parfaitement prête avant d’oser. Mieux vaut fait que parfait.

    1. Avatar de Aurelie

      ah oui elle est forte celle ci !! j’ai laissé passer quelques occasions du fait de l’avoir laisser exister 🙂

  3. Avatar de eric

    Bravo à toi d’avoir surmonté tes croyances et découvert ta réalité … Un peu comme le hérisson d’un certain conte qui fini par regarder devant lui sans se soucier de ce qu’il laisse derrière lui.

    1. Avatar de Aurelie

      exactement 😉

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6 réflexions sur “Comment se libérer des croyances qui nous gouvernent”

  1. La phrase « les croyances créent les preuves de leur propre vérité » est incroyablement juste. Elle résume parfaitement ce que beaucoup vivent sans parvenir à le nommer.

    On oublie souvent à quel point notre regard sélectionne les informations qui confirment déjà ce que l’on croit sur soi-même ou sur les autres. Cet exemple des couleurs est simple, mais extrêmement parlant.

    J’ai aussi beaucoup aimé l’idée qu’une peur forte cache souvent une force tout aussi grande de l’autre côté. C’est une manière très intéressante de regarder nos fragilités autrement, non comme des défauts figés, mais comme des potentiels encore inexploités.

    Un article profond, accessible et qui donne vraiment matière à réfléchir sur notre propre fonctionnement intérieur.

  2. Alex

    Merci pour votre sincérité et authenticité. J’ai pu remarquer au fil du temps qu’une croyance n’est pas forcément une vérité, mais parfois une histoire qu’on s’est répétée si souvent qu’on finit par s’en persuader soi-même.

    Pour répondre à ta question, la croyance que je choisirais de remettre en question dès aujourd’hui, ce serait celle de penser qu’il faut toujours être parfaitement prête avant d’oser. Mieux vaut fait que parfait.

    1. ah oui elle est forte celle ci !! j’ai laissé passer quelques occasions du fait de l’avoir laisser exister 🙂

  3. Bravo à toi d’avoir surmonté tes croyances et découvert ta réalité … Un peu comme le hérisson d’un certain conte qui fini par regarder devant lui sans se soucier de ce qu’il laisse derrière lui.

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