À première vue, tout semble opposer le Yoga de l’Inde et le Catharisme de l’Occitanie médiévale.
Des milliers de kilomètres, des siècles d’histoire, des contextes culturels radicalement différents.
Et pourtant, dès lors que l’on dépasse le folklore, les formes religieuses et les institutions, une convergence profonde apparaît : ces deux traditions décrivent le même combat intérieur.
Il ne s’agit ni d’une religion de consolation ni d’un système moral culpabilisant, mais d’une avancée en conscience.
Le message est identique : l’être humain n’est pas un pécheur à punir, mais un être divin amnésique appelé à se réveiller.
Sommaire
De la croyance à la vision directe : « voir » plutôt que « croire »
Le premier point de convergence est le refus explicite de la foi aveugle.
Dans ces traditions, la spiritualité est une démarche de connaissance vérifiable.
● Le Yoga comme science de l’esprit
Dans la tradition du Yoga, la voie spirituelle est définie comme une connaissance expérimentale de l’esprit (citta).
La méditation (dhyāna) ne consiste ni à s’évader ni à se dissoudre, mais à observer, comprendre et clarifier les mécanismes mentaux afin d’accéder à une perception directe du réel (darśana).
L’ignorance n’est pas morale, elle est cognitive : on ne souffre pas parce qu’on est mauvais, mais parce qu’on ne voit pas clairement.
● La rigueur gnostique
La même exigence se retrouve dans la Gnose chrétienne, chez les Cathares comme chez les Manichéens.
La connaissance (gnosis) n’est pas une croyance révélée de l’extérieur, mais une illumination intérieure, issue de l’expérience directe.
Le « Roi » comme imposteur : insurrection contre le conditionnement
Yoga et Catharisme sont profondément subversifs.
Ils identifient les pouvoirs extérieurs — religieux, politiques, sociaux — comme les gardiens du conditionnement mental.
● La Fille du Roi (symbolique yogique)
Dans certaines traditions indiennes, l’énergie (Shakti) est décrite comme la « fille du roi ».
Le roi symbolise ici l’autorité extérieure, les normes, les récits imposés.
Tant que l’énergie sert ce roi, l’être humain demeure esclave.
Le travail yogique vise à libérer cette énergie du conditionnement pour la réunifier avec la conscience (Shiva).
● Le refus de la soumission institutionnelle
De la même manière, les Cathares rejetaient l’autorité de l’Église romaine, considérant que le véritable temple n’est pas un bâtiment, mais le cœur et la conscience de l’homme.
Cette position leur valut d’être perçus comme des dissidents radicaux (accessoirement d’être tués), voire des « anarchistes spirituels », car toute autorité fondée sur la peur était vue comme une trahison de l’esprit.
L’innocence originelle : l’ignorance comme seule « faute »
L’un des points les plus puissants de convergence est le rejet total de la culpabilité ontologique.
● Il n’y a pas de péché, seulement l’oubli
Dans plusieurs textes gnostiques, on trouve cette affirmation dérangeante : le péché n’est pas une réalité en soi : il naît de la séparation et de l’oubli de ce que nous sommes. Certains textes chrétiens anciens, comme l’Évangile selon Thomas, suggèrent que le mal ne vient pas de l’extérieur, mais de ce qui naît de l’homme lorsqu’il vit dans l’ignorance de lui-même.
Le mal n’est pas une faute morale, mais une méconnaissance de soi, un éloignement de la vérité intérieure.
● Avidyā : l’erreur fondamentale selon le Yoga
Le Yoga formule exactement la même idée à travers le concept d’Avidyā : l’ignorance spirituelle.
La souffrance ne naît pas d’un châtiment, mais d’une confusion entre le réel et l’illusoire.Dans cette perspective, le mal est un « manque d’être », comme l’obscurité n’est que l’absence de lumière.
Catharisme et yoga : Le guerrier intérieur : un combat de lucidité
Ni le Yoga ni le Catharisme ne proposent une voie passive.
Ils parlent d’un combat intérieur, exigeant courage et lucidité.
● Virabhadra : la force de discernement
Dans la mythologie indienne, Virabhadra naît de la conscience de Shiva.Il symbolise la force de discernement, capable de trancher les illusions sans complaisance.
● Les Fils de la Lumière
Chez les Cathares, influencés par le dualisme zoroastrien, le monde est décrit comme un champ de bataille entre Lumière et Ténèbres.
Mais ce combat ne se joue pas à l’extérieur : il se joue dans chaque pensée.
À l’image de Shiva buvant le poison, le chercheur est celui qui ose regarder en face le poison du conditionnement pour le transmuter en conscience.
Conclusion : Yoga et catharisme : Retrouver sa souveraineté spirituelle
Qu’il s’agisse de devenir un Parfait cathare ou d’atteindre le Samādhi en Yoga, l’objectif est identique :👉 la liberté intérieure.
Il ne s’agit pas d’attendre un salut futur, mais de réaliser une libération immédiate, ici et maintenant.
Ces traditions invitent à passer d’une religion infantile — fondée sur la peur et l’obéissance — à une spiritualité adulte, fondée sur la connaissance, la responsabilité et l’expérience directe.
En définitive, le Yogi comme le Cathare nous adressent le même appel : « Ne croyez pas. Voyez .Ne subissez pas. Connaissez. »
Cet esprit, de retour vers soi, cette mise en lumière des conditionnements s’effectue dans les stages qu‘Alexandre Rougé et moi-même animons à Bugarach : toutes les infos sont sur cette page
Pour aller plus loin :
- Les cathares, 700 ans plus tard, Alexandre Rougé
- Avis sur Réconciliation, dans les pas des cathares sur Youtube
- Les yogas sutras de Patanjali décryptés par Arnaud Kancel
Sources et références (repères essentiels)
Yoga et traditions indiennes
- Bhagavad-Gītā
- Le Yoga et la tradition hindoue Jean Varenne
- Yoga, immortalité et liberté Mircea Eliade
En savoir plus sur Vérité Intérieure, libération émotionnelle et autonomie
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