Comment savoir si la petite voix qui nous guide est une intuition authentique ou le simple écho de nos angoisses ?
La réponse pourrait sembler simple à certains et la question inutile à d’autres. En réalité quand chaque jour on cherche à se connecter à son intuition, il est facile de constater que les messages peuvent être brouillés par des peurs soit chroniques soit occasionnelles.
Souvent confondue avec une simple « impression », l’intuition vraie ne relève pourtant pas du hasard ou de la devinette. Elle repose sur une observation rigoureuse de notre nature profonde.
Contrairement aux scénarios mentaux qui nous assaillent, l’intuition est une forme de connaissance directe, immédiate et surtout, paisible.
Voyons donc les mécanismes permettant de différencier le signal pur de l’intuition du bruit parasite de la peur.
Sommaire
I. La Nature du Message : Information Neutre contre Tempête Émotionnelle
La première clé de différenciation réside dans la « texture » même de la pensée qui nous traverse. L’intuition et la peur n’appartiennent pas au même registre vibratoire.
L’évidence douce de l’intuition
L’intuition se présente avant tout comme une information neutre. Elle ne cherche pas à séduire, à convaincre ou à justifier son existence. C’est ce que l’on appelle le « constat intérieur ». Imaginez que vous regardiez un arbre et que vous vous disiez simplement : « Cet arbre est vert ». Il n’y a aucun débat, aucune charge émotionnelle, juste une constatation. L’intuition fonctionne de la même manière. Elle est sobre, presque minimaliste. Elle arrive comme une évidence tranquille qui ne nécessite aucun artifice pour être crue.
La mise en scène de la peur
À l’opposé, la peur est une cinéaste prolifique. Elle ne se contente pas de donner une information ; elle crée un drame. Là où l’intuition émet un signal, la peur projette un film.
Elle utilise ce que l’on appelle « l’imaginaire noir », cette capacité du mental à broder des scénarios catastrophes à partir d’une simple ombre ou d’une incertitude. La peur est bruyante car elle a besoin de votre attention immédiate pour survivre. Elle dramatise, suppose et anticipe le pire, se déconnectant totalement du réel pour s’ancrer dans des projections hypothétiques.
II. Les Trois Marqueurs : Décrypter la Voix, le Rythme et la Sensation
Pour identifier qui « parle » en nous, nous pouvons nous appuyer sur trois critères techniques qui agissent comme un véritable guide comparatif : la voix, le rythme et la sensation globale.
1. La Voix : Le volume du mental
- L’Intuition : Elle parle bas. Sa voix est stable, posée, presque silencieuse. Elle ne s’impose jamais par la force. Si vous ne faites pas silence en vous, vous risquez de ne pas l’entendre.
- La Peur : Elle crie. Elle commente tout en permanence, fabrique des « Et si… » incessants et cherche à monopoliser l’espace mental. Elle est discursive et épuisante.
2. Le Rythme : L’urgence comme piège
Un critère infaillible pour démasquer le mental est l’analyse de la temporalité. L’intuition est patiente. Elle sait que la réponse est déjà là et qu’elle se révélera en temps voulu ; elle ne crée jamais d’état de panique.
La peur, elle, impose une urgence immédiate. Elle murmure (ou hurle) que vous devez agir « maintenant » sous peine d’un désastre imminent. Cette pression temporelle est la marque de fabrique du stress, non de la sagesse.
3. La Sensation : Clarté ou Brouillard
Enfin, observez l’état global de votre esprit. L’intuition apporte une clarté posée. Même si l’information est surprenante, elle amène une forme de « Ah, d’accord » intérieur.
La peur, au contraire, génère un brouillard mental, une confusion qui vous laisse plus perdu qu’avant, souvent accompagnée d’une accélération du rythme cardiaque.
III. Le Corps comme Baromètre Ultime : La Vérité des Sens
Si le mental est un expert en rationalisation et peut nous faire croire que nos peurs sont des intuitions, le corps, lui, est incapable de mentir. Il est l’outil de mesure le plus fiable pour trancher entre une réaction traumatique et une réponse intuitive.
Les signes d’une intuition juste
Lorsque vous êtes en présence d’une intuition réelle, votre physiologie s’ouvre. On observe généralement :
- Une respiration profonde : Le souffle descend naturellement jusque dans le ventre sans effort.
- Une ouverture thoracique : Les épaules se relâchent, la poitrine s’ouvre, signe que le système nerveux est en mode de sécurité et de réception.
- Une douceur abdominale : Le ventre reste souple, permettant à une sensation de tranquillité de s’installer durablement.
Les signes de la contraction (La Peur)
À l’inverse, dès que la peur ou une blessure ancienne (rejet, abandon) prend les commandes, le corps se mobilise pour la survie (le mode « combat ou fuite »).
- Contraction physique : Les muscles se tendent, souvent au niveau de la mâchoire ou de la nuque.
- Le nœud au ventre : La gorge se serre ou l’estomac se noue, bloquant la circulation de l’énergie.
- Respiration haute : Le souffle devient court, bloqué dans la poitrine, signe d’une angoisse qui empêche l’ancrage.
Conclusion : Réaction vs Réponse
En définitive, la distinction entre intuition et peur revient à distinguer la réaction de la réponse. La peur réagit au présent en le confondant avec les blessures du passé. L’intuition répond à la situation telle qu’elle est, ici et maintenant.
Apprendre à écouter son corps et à identifier la nature neutre ou agitée de ses pensées permet de reprendre le pouvoir sur son discernement. Si la voix intérieure vous presse, vous contracte et vous raconte un film noir, respirez : ce n’est que de la peur. Si elle pose un constat calme qui ouvre votre respiration et vous apporte une clarté tranquille, alors vous pouvez avancer avec confiance : votre intuition vous parle.
Je vous encourage à être à l’écoute de VOTRE intuition. Cela vous évitera bien des déboires notamment les prises de pouvoirs de certaines personnes que nous avons vu dans cet article .
On la travaille aussi en atelier. Pour être informé : contact@verite-interieure.com
2 réponses à “L’Art du Discernement : Apprendre à Distinguer l’Intuition de la Peur”
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Merci pour cette approche claire et incarnée du discernement entre intuition et peur. Ce que tu décris, cette distinction entre une réponse calme et une réaction dramatique, rejoint profondément ce que j’accompagne dans les processus de reconstruction après un traumatisme : ce n’est pas d’abord dans la tête que la vérité se révèle, mais dans le corps. Nos contractions, nos respirations, nos tensions racontent souvent plus que nos pensées. Apprendre à lire ces signaux, comme tu l’expliques si bien ici, est une véritable réappropriation de soi, loin des injonctions mentales et des scénarios catastrophes que la peur aime tisser. Merci de ce très beau partage qui nous rappelle que plus on s’apaise, plus on peut reconnaître ce qui est juste ! Solweig
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Merci Solweig. Cet apaisement peut être tout un cheminement.
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