🌿 Ce n’est pas l’abandon que tu vis… c’est la mémoire d’un abandon
On parle souvent de la peur d’abandon comme si elle était liée à ce que fait l’autre. Comme si elle dépendait de ses silences, de ses absences, de ses hésitations. Comme si, finalement, tout se jouait dans la relation.
Et pourtant…
Et si, ce que nous ressentons dépendait de ce que nous avons déjà connu. Et si nous étions programmé pour vivre cela ?
Ce que nous ressentons n’est pas toujours en train de naître dans le présent.
C’est souvent quelque chose de bien plus ancien qui se réveille.
Une sensation connue.
Un vide familier.
Une tension intérieure qui ne date pas d’aujourd’hui.
Intégrer cette hypothèse peut autant faire peur que nous apporter la solution.
Sommaire
🧠 Une peur qui ne vient pas de la relation
La peur d’abandon ne surgit pas par hasard.
Elle prend racine dans des expériences passées :
- une séparation mal vécue
- un manque de sécurité affective
- une présence instable ou imprévisible
- parfois même des choses plus subtiles, presque invisibles
Et le plus troublant, c’est que ces expériences ne sont pas toujours conscientes.
Elles s’inscrivent dans le corps.
Dans le système nerveux.
Dans une forme de vigilance permanente.
Alors aujourd’hui, dès que quelque chose ressemble de près ou de loin à une distance, à un retrait, à un doute…
👉 tout s’active.
Pas parce que la situation est grave.
Mais parce qu’elle ressemble à quelque chose que tu connais déjà.
🔁 Quand la peur de l’abandon prend le contrôle de la relation
À partir de là, un mécanisme se met en place.
Et souvent, il est invisible.
Tu peux :
- t’attacher très vite
- avoir besoin d’être rassuré(e) en permanence
- interpréter des détails comme des signaux de rejet
- ressentir une insécurité même quand tout va bien
Ou au contraire :
- te fermer
- prendre de la distance
- éviter de trop t’impliquer
Dans les deux cas, il y a la même chose à la racine :
👉 une peur profonde de revivre l’abandon.
Et c’est là que le paradoxe apparaît.
Car les comportements que tu mets en place pour éviter l’abandon…
sont parfois ceux qui finissent par fragiliser la relation.
⚡ Le piège : créer ce que tu redoutes
C’est un point essentiel.
Quand tu es dans la peur d’abandon, tu peux :
- demander beaucoup de preuves
- tester l’autre sans t’en rendre compte
- chercher à contrôler la relation
- ou au contraire, te retirer avant d’être quitté(e)
Et tout cela peut devenir lourd à porter pour l’autre.
Pas parce que tu fais “mal”.
Mais parce que tu es en train de réagir à une blessure.
👉 Une blessure qui cherche à être sécurisée.
Le problème, c’est que cette sécurité…
tu essaies de la trouver à l’extérieur.
Alors que la racine est intérieure.
🪞 Et si le vrai abandon n’était pas celui que tu crois ?
Il y a une question inconfortable, mais essentielle :
👉 Et si le vrai problème n’était pas « qu’on t’abandonne… »d’être abandonné » par le partenaire mais de se faire abandonné par soi-même !
Parce que, souvent, dans cette peur :
- tu t’adaptes pour être aimé(e)
- tu tais ce que tu ressens
- tu dis oui alors que tu penses non
- tu fais passer l’autre avant toi
Petit à petit, tu t’éloignes de toi-même.
Je t’invite à lire l’article sur les stratégies qui empêchent d’être soi pour aller plus loin.
Tu restes dans la relation…
mais tu n’es plus vraiment là.
Et ça, c’est une forme d’abandon.
Un abandon silencieux.
Progressif.
Mais profondément impactant.
🌱 Revenir à soi : le vrai point de bascule
Sortir de cette peur profonde ne consiste pas à contrôler la relation.
Ni à trouver quelqu’un qui rassure parfaitement toutes tes peurs.
Parce que même dans une relation saine…
ces mémoires peuvent se réactiver.
Le vrai travail est ailleurs.
👉 Il consiste à revenir à toi.
À reconnaître :
- ce qui s’active en toi
- d’où ça vient
- ce que ça cherche à protéger
Et surtout…
👉 à ne plus t’abandonner dans le processus.
Ça veut dire :
- écouter tes ressentis
- poser tes limites
- rester aligné(e) avec toi-même
- même quand la peur est là
💫 Une autre manière de vivre la relation
Quand tu fais ce chemin, quelque chose change.
Tu n’es plus dans une attente constante.
Ni dans une vigilance permanente.
Tu peux :
- aimer sans te perdre
- t’attacher sans t’effondrer
- laisser de l’espace sans paniquer
La relation devient alors un espace de rencontre.
Et non plus un terrain de survie.
Et c’est là que quelque chose de profondément apaisant émerge :
👉 tu n’as plus besoin que l’autre reste…
pour te sentir complet(e).
✨ En conclusion
La sensation d’abandon est réelle.
Elle peut être intense, envahissante, parfois même déroutante.
Mais elle ne parle pas toujours de la relation actuelle.
Elle parle souvent :
- d’une histoire passée
- d’une mémoire encore vivante
- d’une partie de toi qui a besoin d’être reconnue
Et peut-être que le plus grand basculement n’est pas de ne plus être abandonné(e)…
Mais de ne plus t’abandonner toi-même.
Pour aller plus loin :
- Qu ‘est qui se passe derriere la peur de l’abandon de « psychology today «
- Comprendre les racines de l’abandon : PsychCentral
5 réponses à “Comprendre et dépasser l’abandon”
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Ton article me touche beaucoup ayant vécu une séparation très douloureuse. Ce qui a tout changé pour ma part c’est une séance d’EMDR qui, comme tu le décris bien, a fait le lien entre une situation passée et celle présente. Quel soulagement! Mais j’ai encore mis quelques années à me remettre quand même. Le processus est lent mais nous finissons par y arriver…
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Je suis aussi passée par l’EMDR 🙂 et comme tu dis, il y a un temps pour tout.
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Ton article est hyper juste… Surtout ce passage sur le fait de s’abandonner soi-même, ça remet vraiment les choses à l’endroit.
On passe tellement de temps à chercher à être rassuré à l’extérieur, alors qu’au fond, ce qu’on cherche, c’est cette sécurité intérieure qu’on ne s’est pas encore offerte.
Et je trouve que c’est là le vrai basculement : quand tu commences à rester avec toi, même dans l’inconfort, la relation change complètement.-
oh oui !! Merci Ana
Et parfois on agit pas; on ne parle pas juste par peur de la réaction de l’autre alors que cet autre peut aussi très bien savoir recevoir les mots, les remarques et même les aimer !
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S’abandonner soi au profit des autres, quelque soit la relation. Quel déclic ce matin. 🙏🏼
Pas faute de ne l’avoir jamais entendu… juste que ce n’était pas le bon endroit ni le bon moment certainement…
Et là de lire tes mots, ça résonne avec justesse et évidence.
Merci Aurélie.

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